Édito
S’il est un bien commun qui nous concerne vraiment tous, c’est l’air que nous respirons. On ne peut l’acheter, ni en boite ni en bouteille. Or la pollution de l’air occasionne des dommages sur la santé humaine, le fonctionnement des écosystèmes et l’agriculture.
FNE est très attentif à la qualité de l’air. L’association et ses membres exercent leur vigilance sur les politiques qui réduisent la pollution, contribuent à la connaissance des pollutions et éclairent le public.
Mais les effets de la pollution de l’air sont insidieux. On ne fait pas forcément le lien entre la pollution et notre santé. Nous avons tous dans notre entourage des personnes victimes de maladies cardiovasculaires ou de cancers mais n’imaginons pas toujours combien les pollutions en général et celle de l’air en particulier font partie des causes de ces maladies. Les scientifiques publient régulièrement des résultats qui montrent les incidences de la pollution de l’air sur la santé et la biodiversité, ce numéro de la lettre « Air respirable » en révèle quelques uns.
Les politiques de prévention de la pollution de l’air sont le plus souvent centrées vers un seul objectif : respecter la réglementation européenne. Il faut dire que la France est condamnée par la Cour de justice de l’UE pour ne pas respecter cette réglementation. Mais cela ne suffit pas. Les normes vont se renforcer dès 2030, cela suite aux travaux de l’OMS qui a montré que des effets délétères se produisent pour des concentrations moindres que les valeurs réglementaires.
Un des problèmes vient du fait que nous sommes tous pollueurs. Les véhicules, par leurs gaz d’échappement et leurs pneus, le chauffage au bois, les poussières des déserts ou des espaces non végétalisés, les rejets industriels comme dans le cas des PFAS et la volatilisation des pesticides font partie des causes connues d’exposition. Il est donc important de tous nous mobiliser en faveur d’une diminution de la pollution de l’air, diminution qui est déjà à l’œuvre, mais qu’il convient de poursuivre.
Eric Vindimian, bénévole à FNE Occitanie Méditerranée
Réseau air respirable en Occitanie
Validation du PPA de Toulouse

Le Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA) est un document stratégique qui définit un ensemble d’actions portées par l’État et les acteurs locaux pour réduire les émissions de polluants réglementés dans l’air.
Le 9 février dernier, s’est tenu le comité de pilotage (COPIL) du PPA de l’aire toulousaine. Se déroulant dans les locaux de la préfecture de Toulouse, ce COPIL avait pour vocation de présenter les résultats de l’enquête publique et des réponses qui y ont été apportées.
Les résultats sur ce sujet ne sont pas encore publiés, mais le PPA n°3 de l’agglomération toulousaine pour la période 2026-2030 a été approuvé par arrêté préfectoral (à télécharger ici). Les informations suivront sur le site de la DREAL Occitanie et aussi dans la prochaine lettre air.
Néanmoins, nous pouvons déjà exprimer le fait que si le PPA propose de nombreuses actions, cependant tout comme l’Autorité Environnementale, FNE Occitanie regrette l’absence d’actions concrètes du type « Éviter Compenser Réduire » couplées à des objectifs quantifiés en vue d’atteindre les normes européennes (à atteindre d’ici 2030). Même en réalisant les actions planifiées pour ce PPA, bien trop d’habitant·e·s de l’aire toulousaine restent exposé·e·s aux particules fines et NOx. Pour aller plus loin, il est possible de se référer au document présentant l’avis de l’autorité environnementale (page 35).
D’ailleurs la révision de ce PPA n°3 est d’ores et déjà engagée car les actions envisagées ne permettent pas de respecter les valeurs limites (normes européennes) d’ici 2030.
Suivi des PPA côté Occitanie Méditerranée
PPA de l’aire urbaine de Nîmes
L’agglomération de Nîmes a fait l’objet d’un premier PPA approuvé par arrêté préfectoral du 3 juin 2016 couvrant l’ensemble de la zone urbaine (périmètre du SCOT Sud Gard). À la suite de son évaluation en 2021, ce PPA a été révisé avec une nouvelle version approuvée par arrêté préfectoral du 22 décembre 2025 couvrant le même périmètre géographique.
Les principaux secteurs à l’origine d’émissions de polluants dans l’aire urbaine de Nîmes sont les transports (pour les oxydes d’azote) et le secteur résidentiel (pour les particules fines).
Avec la mise en place du PPA, le territoire devrait atteindre les nouvelles valeurs cibles fixées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et respecter, aux stations de mesures, les nouveaux seuils réglementaires prévus par la nouvelle directive européenne Qualité de l’Air ambiant pour l’horizon 2030 – plus d’infos ici.
PPA de l’aire urbaine de Montpellier
En 2022, FNE Occitanie Méditerranée avait activement participé aux travaux de révision du PPA de l’aire urbaine de Montpellier et nous nous étonnions de ne pas avoir eu de nouvelles depuis. Il se trouve que les travaux de révision ont été retardés car très liés :
- à la définition de la Zone à Faibles Émissions (ZFE) de Montpellier Méditerranée Métropole qui est entrée en vigueur le 1er juillet 2022 mais la prolongation de la « période pédagogique » a été voté en février 2025,
- au Plan de mobilités 2032 qui a été adopté en conseil de métropole le 16 juillet 2025.
Les travaux ont donc pu reprendre et nous espérons que le PPA pourra être adopté en 2026.
PPA de Perpignan
Comme vu dans la précédente lettre, Perpignan est en train d’élaborer son premier PPA et le comité de pilotage (COPIL) de lancement s’est tenu le 22 octobre 2025 en présence de FNE Occitanie Méditerranée. L’objectif est d’avoir un PPA approuvé début 2029.
Vous trouverez à ce lien du diaporama qui a été présenté lors de la réunion de lancement d’octobre 2025.
Restitution des résultats de la campagne de mesure sur Castelnau-le-Lez
Castelnau-le-Lez est une commune urbaine dans l’agglomération de Montpellier et fait partie de l’aire d’attraction de Montpellier. Elle compte environ 25 000 habitant·e·s, soit la deuxième commune la plus peuplée de l’agglomération.
Soucieux de la densité du trafic routier en centre ville et désireux de voir si la population castelnauvienne pouvait être exposée à des concentrations élevées en particules fines, Hugues Ferrand, vice-président de FNE OCMED et conseiller municipal de l’opposition à Castelnau, a organisé une campagne de mesures de qualité de l’air sur sa commune en juin 2024.
Les résultats, communiqués en 2025, montrent des dépassements de normes : durant la période de mesure des pics de pollution de l’air pour les PM10 et les PM2.5 ont été observés à plusieurs reprises.
Hugues est récemment intervenu auprès de 2 associations locales pour leur présenter les résultats de cette campagne de mesure. Ces associations ont interpelé la commune et les futurs candidats aux élections municipales sur ces questions de pollution de l’air liée au trafic routier.
Un Rendez-vous à ne pas louper
Le 23 mars 2026 se tient la 3ème édition du forum citoyen de l’air co-organisé par ATMO Sud et FNE PACA.

En présentiel sur Marseille (hôtel de Région, 27 place Jules Guesde) ou à distance en visioconférence, venez monter en compétence sur la thématique de la qualité de l’air et pour faire le bilan de 3 années de mobilisation citoyenne en région Provence Alpes Côté d’Azur, et pourquoi pas en faire une source d’inspiration pour une mobilisation occitane (inscription).
Séminaire du réseau Air Respirable « national »
Le 17 février dernier, une partie des membres du réseau « Air Respirable » coordonné par France Nature Environnement se sont retrouvés sur Lyon pour échanger sur l’année écoulée et tracer les perspectives communes.
Cinq associations étaient présentes : Eaux & Rivière de Bretagne, FNE Haute Savoie, France Nature Environnement, FNE Occitanie Méditerranée et Occitanie Pyrénées.

Cette journée a permis d’exposer une partie du bilan des animations menées en 2025 et début 2026, d’évoquer les axes stratégiques pour mobiliser les bénévoles autour de la thématique de la qualité de l’air, ainsi que de commencer à réfléchir au devenir de ce réseau, région par région.
Dans le cadre de la région Occitanie, les 2 fédérations vous proposeront bientôt un grand séminaire fin juin 2026 pour présenter tous les résultats de la campagne Air Respirable !
Pour ne rien rater, inscrivez-vous sur la liste de diffusion ou partagez là !
Actualité air et climat
Les pollens, ce n’est pas qu’au printemps
Dès décembre dernier, ATMO Occitanie nous rappelait que la diffusion des pollens, grains potentiellement allergisants, allait de nouveau reprendre au cœur de l’hiver.

D’année en année, les changements climatiques, décalent voire allongent les périodes de diffusion des pollens. Parmi les essences concernées dès le début 2026, citons le cyprès, le genévrier et le frêne (détails dans cet article).
Cet actualité est l’occasion de rappeler que ATMO Occitanie propose des prévisions sur les propagations de pollens allergisants, et ce, quotidiennement (plus d’infos dans cet article).
Retrouvez plus bas notre dossier spécial « pollens » et comment se mobiliser pour les référencer avec l’application Pl@ntNet.
Les PFAS se retrouvent aussi dans l’air
ATMO Occitanie a publié dans sa propre lettre air (voir numéro d’octobre 2025) les résultats d’une étude inédite en France sur les pesticides, perturbateurs endocriniens et PFAS (polluants éternels) dans l’air. Sur ces derniers, l’étude révèle que 10 d’entre eux se retrouvent dans l’air en Occitanie.
Ces polluants, surtout connus dans certains objets du quotidien (comme les poêles en téflon), envahissent désormais notre air. Par inhalation, ils aussi sont susceptibles d’affecter notre santé (voir site de l’ANSES). Nous promouvons de toutes les études de mesures des PFAS dans l’air , en vue – espérons le – d’une réglementation à venir (pour aller plus loin, voir cet article écrit pas FNE PACA).
Une bonne nouvelle néanmoins : selon le journal « Hérault Tribune » concernant la ville de Montpellier, si de nouveaux composés apparaissent dans le spectre des polluants à surveiller, certains déjà connus, comme les pesticides ont baissé ces dernières années : baisse d’environ 200 % depuis 2018 sur Montpellier et 52% sur Toulouse.

Dépassement des seuils liés aux particules désertiques
Dans notre dernière lettre, nous vous parlions d’un épisode de pollution aux particules fines lié aux sables désertiques en novembre 2025.
À nouveau, le 16 décembre dernier, sur une bonne partie de la région Occitanie, un nouvel épisode « désertique » a affolé les compteurs et fait dépasser les seuils d’émissions réglementaires sur les particules voir cet article de Actu.
Une fois encore, ce type d’événement nous indique que le changement climatique n’est pas qu’un moteur du réchauffement de la planète, il est aussi un dérégulateur des grand cycles atmosphériques qui finissent par impacter notre santé et celle des animaux (voir concept de « One Health » pour aller plus loin).
Naissance et pollution
Une étude récente de de l’Inserm (novembre 2025) montre que l’exposition périnatale aux particules fines PM2,5 (voir lettre n°3) et au carbone suie est associée à un risque accru de leucémie aiguë lymphoblastique chez l’enfant.
Ces résultats suggèrent également qu’il y a d’autres sources en dehors du trafic routier qui pourraient contribuer à ce risque. Citons par exemple l’industrie ou le chauffage au bois sur lequel nous avions proposé en webinaire en octobre 2025.
Le polluant de la lettre : les pollens
Précisons d’ores et déjà que les pollens ne sont pas des polluants de l’air !
Et pourtant nous en parlons dans cette section de la lettre : Décryptage.

Les pollens sont les grains qui contiennent les gamètes mâles des plantes à fleurs, les arbres, les herbacées et les graminées.
Ces petits grains (entre 7 à 150 µm) sont transportés en immense majorité par les vents, et font partie intégrante du cycle de reproduction des végétaux qui les produisent.
Sur la santé humaine, certains de ces pollens provoquent au contact des yeux ou des voies respiratoires, des réactions plus ou moins invalidantes comme le savent les personnes allergiques (25 % de la population).
Si nous parlons des pollens dans cette lettre, c’est que la présence de polluants dans l’air extérieur (NOx, Particules fines, … – voir lettres précédentes ou sur ATMO France) se combine à l’inhalation des pollens :
- les polluants de l’air peuvent accentuer l’irritation des muqueuses respiratoires des populations qui les inhalent et abaisser le seuil de réactivité allergique ;
- Les polluants de l’air peuvent également affecter la santé des plantes qui produisent les pollens rendant leur composition chimique ou leur aspect morphologique plus irritant, et ce, en amont de l’émission des pollens ;
- enfin, les polluants de l’air peuvent aussi rendre certains pollens plus allergisants après émission notamment en fragmentant les parois des grains qui pourront pénétrer plus profondément dans le système respiratoire.
Ces affections, détaillées dans l’étude de Choël et Visez (2019), constituent un enjeu sanitaire majeur pour la population grandissante de personnes sensibles aux pollens, d’autant plus que les changements climatiques favorisent une pollinisation plus précoce et intense, élargissant ainsi la fenêtre d’exposition aux allergènes.
Nous pouvons aussi nous interroger sur les effets de ces altérations sur la production agricole et plus largement sur la santé d’écosystèmes entiers.
Plusieurs actions sont possibles pour faire face aux impacts de ces pollens :
• adopter les bon gestes à la maison comme en extérieur pour limiter les symptômes allergiques comme indiqué dans cet article de présentation de Atmo ;
• identifier les plantes les plus allergisantes sur votre lieu de vie en téléchargeant le glossaire des plantes allergisantes d’Occitanie (.pdf à télécharger) dont le plantain (fortement allergisant) illustré ici ;

• participer à la campagne de recensement des plantes allergisantes issue de la collaboration entre ATMO Occitanie & l’application Pl@ntNet en devenant observateur·trice des plantes allergisantes 👉 Voir cet article de présentation de Atmo ou sa version téléchargeable.

N.B. : De manière plus spécifique, mais tout autant nécessaire, une plateforme de signalement dédiée existe pour le cas particulier de l’ambroisie (ambrosia artemisiifolia), plante particulièrement allergisante et invasive – suivre : https://www.signalement-ambroisie.fr/

📣 Ce printemps 2026, ATMO Occitanie prépare de nouvelles actualités sur les observations territorialisées des pollens : suivez ATMO sur leurs réseaux comme LinkedIn pour ne rien louper !
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Portrait de bénévole : Nicole Asencio
À chaque lettre air, nous vous proposons le portrait un·e bénévole impliqué·e dans le suivi des pollutions atmosphériques et militant pour une meilleure qualité de l’air.
Pour cette lettre, focus sur Nicole Asencio, bénévole engagée sur la qualité de l’air.
A quelle association appartenez-vous ?
Mon premier investissement associatif perdure depuis 25 ans au sein de Tournefeuille Avenir Environnement. Les actualités de l’agglomération toulousaine avec la concertation du métro C m’ont rapproché de l’AUTATE (l’Association des Usagers des Transports de l’Agglomération Toulousaine et de ses Environs).
Quel est votre parcours ?
Mon parcours au sein du mouvement France Nature Environnement (FNE) se structure autour de responsabilités administratives, de représentation technique et d’un engagement associatif local très actif, particulièrement sur les enjeux de mobilité et de qualité de l’air.
Je représente FNE Occitanie Pyrénées auprès d’ATMO Occitanie, l’association agréée de surveillance de la qualité de l’air dans la région. J’assure la co-présidence de (AUTATE), une association membre du réseau FNE. À ce titre, j’ai contribué à la publication de nombreux dossiers et articles portant sur les réseaux de transport (comme Tisséo), les Plans de Mobilité et la mise en place de la Zone à Faibles Émissions (ZFE) à Toulouse.
Quel est votre lien à la qualité de l’air et au climat ?
Dans mes activités professionnelles, j’ai consacré une grande partie de ma carrière à la recherche atmosphérique au sein de Météo-France . Une connaissance scientifique (simulations atmosphériques, changement climatique, surveillance de la qualité de l’air) à partager et un état d’esprit militant ont orienté ma démarche.
Vos priorités pour l’air et le climat ?
Je dirais que mes priorités peuvent se développer suivant ces deux axes :
Faire comprendre aux élus que les populations fragiles subissent la double peine d’habiter dans des quartiers difficiles et d’être exposés fortement aux pollutions. Il ne devrait plus y avoir de crèches ou d’écoles en proximité de trafic routier ou d’émissions industrielles.
Promouvoir la transversalité Air-Climat-Energie-Santé ; en effet, les pollutions atmosphériques proviennent des mêmes sources que les émissions de Gaz à Effets de Serre, et les leviers d’actions sont communs; agir sur l’un a des impacts bénéfiques sur l’autre (transports, chauffage, émissions industrielles…).
Une info à nous partager dans le cadre de ce projet « Air respirable » ?
L’engagement associatif influence la lutte pour un air respirable à travers plusieurs leviers stratégiques, allant de la surveillance technique à la pression juridique et sociale. Des associations comme l’AUTATE influencent la lutte pour l’air respirable en travaillant sur la transition des mobilités et en proposant des scénarios alternatifs inspirés des besoins des usagers. FNE intègre la qualité de l’air dans une vision transversale de la santé publique : cette approche reconnaît que la santé humaine, animale et environnementale sont interdépendantes. L’enjeu est de faire de la Santé Environnement un objectif central des politiques publiques pour lutter contre les pollutions chimiques, les pesticides et les risques émergents.
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