Le Comité de bassin se saisit de la question du nouveau nucléaire
Le développement du nucléaire relève de la politique énergétique nationale. Mais ses conséquences sur la ressource en eau concernent directement le Comité de bassin. Celui-ci s’est donc auto-saisi du sujet afin d’en évaluer les enjeux pour les milieux aquatiques et les différents usages de l’eau.
Cette réflexion s’inscrit dans le contexte des interrogations sur l’éventuelle implantation de nouveaux réacteurs sur le bassin Adour-Garonne, notamment sur les sites de Golfech et du Blayais.
Au cours des derniers mois, le Groupe de travail Énergie, la Commission Planification et le Conseil scientifique ont analysé ces enjeux. Leur objectif était double : identifier les principaux points de vigilance et préciser les conditions permettant de rendre ces projets compatibles avec les objectifs de préservation de la ressource en eau. Le tout dans un contexte de changement climatique.
Quels enjeux pour l’eau ?
Les échanges ont mis en évidence plusieurs enjeux majeurs : prélèvements et consommation d’eau, impacts thermiques sur les cours d’eau, effets sur la biodiversité, conséquences des chantiers, mais aussi effets cumulés avec les réacteurs existants. Cette dernière question concerne notamment le site de Golfech. Une période de fonctionnement simultané des réacteurs actuelles et des futurs EPR2 y est en effet envisageable.
Une délibération pour le nouveau nucléaire
Le Comité de Bassin a donc adopté une délibération à l’unanimité le 2 juillet. Elle demande que les futurs projets intègrent pleinement les effets du changement climatique à l’horizon 2050-2100. Elle prévoit également une évaluation des projets au regard des situations extrêmes (sécheresses, canicules, faibles débits). Enfin, elle demande le recours aux meilleures techniques disponibles pour éviter, réduire et compenser leurs impacts sur l’eau et les milieux aquatiques.
Le Comité de bassin rappelle enfin qu’un éventuel développement de nouveaux réacteurs doit rester compatible avec les objectifs du SDAGE, la préservation des milieux naturels et la sécurisation des usages de l’eau.
Une première étape, mais des limites persistantes
Pour le collège des Usagers non économiques, cette délibération marque une première reconnaissance des enjeux que le développement du nouveau nucléaire fait peser sur la ressource en eau. Elle rappelle que les choix énergétiques doivent désormais être évalués à l’aune du changement climatique et de la disponibilité future de la ressource.
Pour autant, le texte reste essentiellement déclaratif. Il formule plusieurs demandes en matière d’études et de prise en compte des impacts. En revanche, il ne fixe pas de véritables garde-fous permettant d’écarter un projet incompatible avec les objectifs de préservation de l’eau et des milieux. Il privilégie une logique d’analyse et d’expertise en amont des projets, sans définir de cadre contraignant pour intégrer ces résultats dans les décisions finales.
Pour aller plus loin, retrouvez l’ensemble de nos analyses et ressources sur notre page dédiée à l’eau et aux milieux aquatiques

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