Actus du bassin

Chlorure de vinyle monomère : le Comité de bassin soutient le renouvellement des canalisations

Le 2 juillet, le Comité de bassin Adour-Garonne a adopté à l’unanimité une délibération consacrée aux anciennes canalisations en PVC. L’objectif est d’accompagner leur renouvellement afin de limiter le relargage de chlorure de vinyle monomère (CVM) dans l’eau potable.

Des canalisations anciennes à l’origine d’un risque sanitaire

Le chlorure de vinyle monomère (CVM) est un composé classé cancérogène pour l’Homme (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer. Résidu de fabrication de certains PVC produits avant 1980, il peut migrer des canalisations vers l’eau potable.

À l’échelle du bassin Adour-Garonne, l’Agence de l’eau estime qu’environ 1,5 % du réseau est concerné. Le renouvellement de ces canalisations représenterait un investissement d’environ 27 millions d’euros par an pendant quinze ans. Les réseaux concernés se situent principalement dans des communes rurales, qui disposent souvent de moyens techniques et financiers limités.

Un enjeu pour la gestion de la ressource en eau

En attendant les travaux, les exploitants mettent en place des purges régulières du réseau de distribution. Ces opérations consistent à vidanger les tronçons concernés afin d’éliminer l’eau ayant accumulé des concentrations élevées en CVM au cours de leur séjour dans les canalisations. Elles garantissent la conformité sanitaire de l’eau distribuée, mais entraînent également l’évacuation de volumes importants d’eau potable.

À l’échelle du bassin, ces pertes pourraient représenter jusqu’à 6,4 millions de mètres cubes d’eau par an. La problématique dépasse donc la seule dimension sanitaire. Dans un contexte de raréfaction de la ressource, elle relie directement les enjeux de santé publique et de sobriété. Pour mieux comprendre la gestion quantitative de l’eau sur le bassin Adour-Garonne, retrouvez notre replay consacré à cette thématique.

Un accompagnement financier de l’Agence de l’eau

Pour répondre à cet enjeu, la délibération prévoit que l’Agence de l’eau Adour-Garonne accompagne les collectivités dans le renouvellement des canalisations concernées.

Les travaux seront financés dans le cadre de l’enveloppe de 15 millions d’euros dédiée à la gestion quantitative de la ressource et aux économies d’eau. La délibération prévoit de cibler prioritairement les réseaux les plus fuyards. Les aides pourront atteindre 30 % de subvention et 20 % d’avance remboursable.

Le Comité de bassin a adopté cette délibération à l’unanimité. Il reconnaît ainsi qu’un même projet peut concilier plusieurs objectifs : garantir la qualité de l’eau distribuée, préserver la ressource et accompagner les collectivités confrontées à des investissements importants..

Ce dispositif constitue une première réponse à un enjeu sanitaire et environnemental majeur. Reste désormais à vérifier que les moyens financiers mobilisés seront à la hauteur des besoins. Il faudra également veiller à ce que le coût du renouvellement des réseaux ne repose pas excessivement sur les usagers.

Pour aller plus loin, retrouvez l’ensemble de nos analyses et ressources sur notre page dédiée à l’eau et aux milieux aquatiques