Forêt

Projet SIAT phase 1 : Centrale de cogénération et unité de granulation

Selon les dirigeants de SIAT le projet industriel procédera au séchage du bois d’oeuvre grâce à la chaleur produite par une centrale à biomasse-bois qui assurerait également une autoconsommation en énergie électrique, voire une injection vers le réseau public. Lors de la présentation initiale par M. Siat, cette centrale ne devait être alimentée que par les déchets de coupe / sciage sur le site.

La phase 1 des projets de Siat (2028-2031 ?) comporte la réalisation d’une centrale de cogénération de 14 MW couplée à une unité de granulation produisant 100 000 tonnes/an de granulés de bois (pellets).

Lors d’une rencontre à la sous préfecture de Castres (29/08/2025), nous avons appris qu’il y faudrait pour faire fonctionner cette centrale de phase 1, un approvisionnement extérieur de 100 000 m3/an de bois énergie, en plus de 100 000 m3/an environ de résidus de sciage en provenance des sites SIAT de St Agnan-Le Bez et Labruguière. Ceci au lieu d’un approvisionnement assuré par des déchets de scierie, comme annoncé initialement.

Pendant 3 ou 4 ans, l’usage de cette matière première sera réparti environ 30% comme combustible pour la cogénération et 70% pour la production de 100 000 T de granulés de bois (pellets).

Selon le Schéma régional biomasse d’Occitanie (SRB) une unité de granulation de 100 000 tonnes/an nécessiterait plutôt environ 200 000 tonnes de connexes de scierie ou autre matière première par an. Où est la cohérence de quantité entre le combustible pour la centrale et la matière première pour la granulation ?

La capacité actuelle de production de granulés est d’environ 127 000 tonnes/an en Occitanie. Une production supplémentaire de 100 000 tonnes représenterait un changement d’échelle considérable.

Le Plan régional forêt bois et le SRB, s’ils prévoient une mobilisation accrue du bois, c’est dans le cadre d’une hiérarchie des usages et d’objectifs de durabilité, y compris pour des usages plus durables des déchets connexes de scieries tels que les panneaux ou la pâte à papier. 

Si les politiques publiques restent favorables au recours à la biomasse, c’est vers une utilisation plus sélective de cette ressource : un développement du bois-énergie principalement sous forme de chaleur collective et industrielle, et un soutien moins large qu’au début des années 2020 pour le chauffage domestique (utilisateur de pellets).

Cette capacité industrielle supplémentaire annoncée de 100 000 tonnes/an de pellets pourra difficilement disposer, à moyen ou long terme, d’un approvisionnement local ou régional suffisamment abondant, durable et économiquement compétitif : la ressource est contrainte et  le cadre des politiques publiques évolue.

L’industriel sera-t-il en mesure de présenter une démonstration documentée sur la sécurisation de la ressource nécessaire à la réalisation de son projet de phase 1, pour la durée de vie de ses installations, et de débouchés commerciaux de sa production de pellets ?