— Sentinelles de l'eau —

Une sécheresse 2026 sans précédent

Quand on parle de sécheresse, on distingue :  

  • La sécheresse météorologique : « il ne pleut pas », un déficit de précipitations prolongé affecte un territoire
  • La sécheresse agronomique : « les sols sont secs », le manque d’eau affecte le développement de la végétation 
  • La sécheresse hydrologique : « il n’y a plus d’eau dans les rivières », les niveaux des nappes souterraines et le débit des cours d’eau diminuent ; les milieux aquatiques sont impactés et leur fonctionnement naturel est perturbé.

C’est de celle-là dont nous allons parler.

Bilan d’un été catastrophique

Dans son bilan climatique de l’été 2026, Météo-France souligne le caractère exceptionnel de cette saison, devenue la plus chaude jamais observée en
France depuis le début des relevés météorologiques en 1900, et alerte sur le fait que cet épisode « préfigure les étés auxquels nous pourrions être confrontés à
l’avenir »
. Dans les études prospectives pour 2050, sur le bassin Adour-Garonne il est anticipé « Moins 50% de débit en été sur le bassin versant (juillet à août) ».

Le Grand Sud-Ouest figure parmi les régions les plus touchées. En Occitanie, la température moyenne a dépassé les normales de +3,7 °C, tandis que les
précipitations ont affiché un déficit de 44 %. En Nouvelle-Aquitaine, l’anomalie de température atteint +3,9 °C pour un déficit pluviométrique de 43 %.
Le mois de juin 2026 était l’un des mois de juin le plus chaud qu’ait connu le bassin Adour-Garonne, dépassant même, en Nouvelle-Aquitaine, selon Météo-France, ceux déjà brûlants de 1976, 2003 et 2025. La situation s’est encore aggravée en juillet, devenu le mois de juillet le plus chaud et l’un des plus secs jamais enregistrés en France depuis 1900.

Ces températures élevées ont fortement accru l’évaporation des masses d’eau ainsi que l’évapotranspiration des végétaux. La pluviométrie est également très basse cette année avec des pluies très rares cet été. Ainsi, dans le Gers, la station d’Auch
n’a enregistré que huit jours de pluie au cours de l’été, contre vingt-et-un en moyenne habituellement.

Alors que l’automne calendaire a commencé, Météo-France alerte : « La sécheresse historique, débutée au début de l’été, perdure et s’aggrave jour après jour ». Les températures sont elles aussi « anormalement élevées pour une fin septembre ». Le dernier bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) rapporte que 62 % des nappes phréatiques sont en dessous des normales.

Nos associations constatent sur le terrain les conséquences de ce phénomène climatique : des assecs prolongés dans certaines rivières, avec la perte
de la faune piscicole, une importante sécheresse du sol, un nombre important d’animaux sauvages déshydratées, et des incendies dévastateurs.

La gestion de crise, entre restrictions et ruptures d’approvisionnement

Face à cette crise, la réglementation prévoit que l’usage de l’eau puisse être limitée par arrêté préfectoral. Ce sont les « arrêtés sécheresse », qui restreignent certains usages de l’eau considérés comme moins prioritaires, afin de protéger l’usage le plus important, vital, l’alimentation en eau potable. Vous pouvez retrouver la carte des territoires concernés par des restrictions d’usage de l’eau sur VigiEau. 

En France, fin septembre, ce sont 77 départements qui étaient en situation critique concernant la ressource en eau potable, le niveau le plus élevé, selon Vigieau.

Les difficultés d’approvisionnement se sont également multipliées. Le 9 septembre, la ministre de la Transition écologique indiquait que 64 000 habitants de France métropolitaine étaient privés d’eau au robinet, illustrant la gravité de la situation. Cela a été le cas dans plusieurs communes du bassin, tel que très récemment à Arens-Marsous dans les Hautes-Pyrénées, ou encore à Saint-Amans-Soult dans le Tarn.

Les restrictions d’usage de l’eau ne peuvent constituer qu’une réponse d’urgence.
Au-delà de la gestion de crise, cette sécheresse inédite extrême rappelle avec force la nécessité de mettre en œuvre des politiques publiques structurelles permettant à la fois de réduire les pressions sur la ressource et de préserver les milieux naturels qui jouent un rôle essentiel dans la régulation du cycle de l’eau.

Comment s’informer sur l’évolution de la ressource en eau ?

Plusieurs outils publics permettent aux citoyens et citoyennes du bassin de s’informer sur la l’état de la ressource en eau sur le bassin Adour-Garonne.

Le Bulletin de Situation Hydrologique (BSH) permet de suivre l’état et l’évolution des ressources en eau, à travers une synthèse des données de pluviométrie, d’humidité des sols, de débit des principaux cours d’eau, de taux de remplissage des retenues, du niveau des nappes et de l’état des écosystèmes aquatiques, notamment en période d’étiage. A l’échelle du bassin Adour-Garonne, hors périodes de tensions sur la ressource, la parution est mensuelle de juin à octobre et bimestrielle le reste de l’année.

Plusieurs outils permettent également de suivre les écoulements tels que les suivis réalisés par les Fédérations de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques, ou le réseau ONDE (Observatoire National Des Étiages) de l’OFB, constitué d’un grand nombre de points d’observations sur les rivières, où se rendent à une fréquence régulière des agents de l’Office Français de la Biodiversité de mai à septembre.

Pour aller plus loin

Pour s’informer sur le fonctionnement de la gestion de l’eau :

Pour contribuer au suivi des rivières en tant que citoyen.e, il est possible de participer au programme scientifique En Quête d’Eau de l’OFB dédié au suivi
participatif des rivières.

Vous souhaitez vous impliquer dans la protection de la ressource en eau, représenter le mouvement dans certaines instances afin de contribuer au débat public ou apporter votre expertise ? Rejoignez-nous !

Pour toute question vous pouvez écrire à votre contact en région :

Maïlys Moreau
Chargée de coordination biodiversité et milieux aquatiques
FNE Occitanie Pyrénées

Jules Boisseau
Chargé de mission Sentinelles de la Nature
FNE Nouvelle-Aquitaine