2026 ne laisse plus place au doute, les impacts du changement climatique sont là, dans nos villes, nos campagnes et nos cours d’eau. Face à cette réalité, FNE Occitanie Pyrénées appelle les acteurs publics et privés à consolider un partenariat durable avec les associations de protection de la nature. Notre rôle n’est pas de nous substituer aux institutions : il est de documenter, alerter, former, faire dialoguer, proposer et, lorsque cela devient nécessaire, faire respecter le droit. Ce travail de prévention et de démocratie environnementale est un investissement pour le territoire.
2026 : Nous sommes passés des prévisions à la réalité quotidienne
Juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec une anomalie de +3,8 °C par rapport à 1991-2020 ; 72 départements ont été placés en vigilance rouge canicule. Juillet a ensuite établi un nouveau record absolu : 24,9 °C de température moyenne nationale, soit le mois le plus chaud depuis le début des mesures en 1900, avec près de 70 % de déficit de précipitations. Mi-août, Météo-France constatait que 77 % du territoire connaissait une sécheresse des sols d’une fréquence supérieure à 25 ans.
Dans le bassin Adour-Garonne, la DREAL Occitanie qualifie juillet 2026 d’« étiage précoce et très sévère » : la moitié des stations d’observation des petits cours d’eau étaient en rupture d’écoulement ou en assec et, au 1er août, près de 80 % de la surface du bassin faisait déjà l’objet de restrictions temporaires d’usage de l’eau, dont 38 % au niveau crise. Le Gers, la Haute-Garonne et le Tarn ont renforcé leurs restrictions pendant l’été. Les feux de végétation se sont également multipliés en Occitanie, y compris en Haute-Garonne, dans le Gers, les Hautes-Pyrénées, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et l’Aude.
Le Haut Conseil pour le climat ne parle plus seulement d’anticipation : il appelle en 2026 à « changer d’échelle » pour protéger la population, juge les avancées encore insuffisantes et souligne que la stratégie française climat-énergie n’est pas adossée à des financements à la hauteur des besoins. Il estime nécessaire de doubler les investissements bas-carbone publics et privés tout en divisant par deux les investissements carbonés.
À l’approche de 2027, ne pas laisser le climat devenir un angle mort
L’urgence climatique ne doit pas être traitée comme une opinion parmi d’autres. Les choix de 2026 et de 2027 engageront durablement l’adaptation des territoires, la ressource en eau, la santé, les mobilités, l’agriculture, la biodiversité et les finances publiques. Pourtant, le débat public reste traversé par des tentations de relativisation, de « green Backlash», de report ou de recul des normes environnementales. Le Haut Conseil pour le Climat (HCC) relève lui-même des fragilités et des risques d’affaiblissement des dispositifs climatiques ; la presse nationale a souligné, au cœur même des canicules de 2026, la place encore insuffisante accordée à l’adaptation dans le débat présidentiel naissant. Localement aussi les associations de protection de l’environnement sont malmenées lorsqu’elles évoquent ces sujets : critiques sévères, chute ou suppression des financements, voire menaces verbales ou physiques vis-à-vis des militants.
Pourtant, notre message n’est ni partisan ni culpabilisant et se base sur l’expertise scientifique, le droit de l’environnement et la participation citoyenne qui doivent rester des points d’appui forts, représentatifs d’une démocratie stable. Une démocratie solide a besoin d’acteurs associatifs capables de travailler avec les décideurs tout en conservant leur liberté d’alerte et d’analyse et ce, quelles que soient les majorités issues des prochaines échéances électives
FNE Occitanie Pyrénées : une infrastructure citoyenne au service du territoire
Présente depuis 1974, FNE Occitanie Pyrénées agit dans huit départements. Elle fédère plus de 100 associations et plus de 6 000 citoyennes et citoyens. En 2025, son réseau a représenté plus de 3 000 heures de mobilisation bénévole, une présence en continu dans de nombreuses commissions départementales, une participation à toutes les Instances de l’eau, énergie, de l’air et de la biodiversité, constituant un réseau accompagné par une équipe salariée experte bien que resserrée.
Ses interventions couvrent l’eau et les milieux aquatiques, les sols, la santé-environnement, la qualité de l’air, la pollution lumineuse, le bruit, la biodiversité, les mobilités, l’urbanisme, l’éducation à l’environnement, la mobilisation citoyenne et la justice environnementale.
Quelques exemples récents montrent la diversité de cette utilité sociale : séminaire « Eau potable et Santé » réunissant plus de 120 personnes ; lancement du réseau régional Air Respirable et actions ayant touché près de 300 personnes ; élaboration d’une formation FORMUL’EAU destinée aux élus et agents sur la gestion des eaux pluviales ; campagnes Sentinelles de l’Eau, Sentinelles de la Haie et Sentinelles de la Nuit ; accompagnement des citoyens via l’outil collaboratif de veille « Sentinelles de la Nature » ainsi que de nombreuses formations et webinaires gratuits et ouvert à tous. En 2026, FNE OP poursuit notamment le travail sur les PFAS, la qualité de l’eau, l’air respirable et prépare un séminaire territorial sur la crise de l’eau à l’horizon 2050 qui aura lieu le 28 septembre 2026.
Faire respecter le droit : une mission d’intérêt général, pas une posture
Nos procédures concernent des enjeux très concrets : protection des cours d’eau, prélèvements d’eau, espèces protégées, déchets, pesticides, carrières, projets routiers ou énergétiques inutiles ou incohérents avec l’intérêt général.
Le contentieux n’est jamais une fin en soi : il intervient lorsque la concertation, l’expertise et l’alerte n’ont pas permis d’éviter l’atteinte. Ce qui fut le cas pour la pollution lumineuse à Toulouse, ou plusieurs alertes ont été lancées avant une action judiciaire qui nous a donné raison. Cela nous a valu une fin de non-recevoir sur toutes nos propositions de projets, y compris certaines portées par des partenaires privés de la Métropole…
Des associations indispensables, mais fragilisées
Une baisse des financement régulière
Cette capacité d’action qui est aujourd’hui sous tension. Dans les comptes 2025 de FNE OP, les concours publics et subventions d’exploitation ont diminué de 27% par rapport à 2024. La fédération diversifie ses ressources ( prestations, dons, partenariats, mécénat) mais une association d’intérêt général ne peut durablement remplacer des financements structurants par une succession de projets courts. À l’échelle nationale, près d’une association employeuse sur deux déclarait une baisse de ses financements publics en 2025 ; le Sénat rappelle que la part des subventions publiques dans les budgets associatifs a reculé de 41 % entre 2005 et 2020.
Une légitimité toujours plus malmenée et remise en question par l’état, les élus, le monde agricole
À la fragilité financière s’ajoute parfois une mise en cause de la légitimité même des associations : les bénévoles de nos associations subissent des gardes à vue injustifiées, des destructions de locaux, menaces, sanctions financières de la part de collectivités alors que simultanément on ne cesse de nous solliciter pour être présents dans des instances des concertations…
Ces faits nous alarment : le financement public ne doit jamais devenir un instrument de récompense du silence ou de sanction d’un désaccord.
Notre proposition : changer de cap et passer du soutien ponctuel au partenariat de territoire
Nous appelons l’État, les collectivités, établissements publics, fondations et entreprises responsables à construire avec FNE Occitanie Pyrénées des partenariats pluriannuels, transparents et respectueux de notre indépendance. Soutenir une association environnementale, ce n’est pas financer une opposition : c’est soutenir de la connaissance, de la prévention, de la médiation, de la participation citoyenne et, au besoin, le respect de la règle commune.
Quelques interventions de FNE OP
- Observatoires citoyens de l’eau, des sols, de l’air et de la biodiversité ;
- formations d’élus et d’agents à l’adaptation, aux eaux pluviales et aux solutions fondées sur la nature ;
- diagnostics participatifs et campagnes Sentinelles ;
- actions santé-environnement : PFAS, pesticides, air intérieur, perturbateurs endocriniens.
- médiation en amont des projets d’aménagement pour éviter les contentieux ;
- appui aux démarches de désimperméabilisation, trames vertes/bleues/noires et sobriété foncière ;
- éducation populaire et mobilisation des jeunes ;
- veille juridique, accès au droit et accompagnement des associations locales et des citoyens ;
- Formations sur les enjeux de l’environnement.
Un appel à la responsabilité et à la confiance
Le coût de l’inaction climatique, de la dégradation des milieux et des conflits traités tardivement sera toujours supérieur au coût de la prévention. Les collectivités et les services de l’État sont en première ligne ; les associations le sont aussi. Nous partageons un même territoire et, au-delà de nos rôles différents, une même responsabilité : celle de construire un avenir durable pour l’ensemble de nos concitoyen.es dans les limites de nos ressources.
FNE Occitanie Pyrénées souhaite que 2026 marque, non pas un recul du soutien au monde associatif environnemental, mais l’ouverture d’un nouveau cycle de coopération. Plus que jamais, nous avons besoin de partenaires qui acceptent à la fois notre expertise, notre capacité d’action et notre indépendance.

Aidez-nous à agir en toute indépendance.
Votre contribution donne droit à une réduction fiscale de 66% du montant du don.
