Air

Air Respirable : Lettre #6

Portrait d'Alexandre Boutin

Le projet Air Respirable arrive à son terme !

L’objectif initial était de créer et d’animer un réseau sur la qualité de l’air ainsi que de réaliser une campagne de mesures citoyennes sur les pollutions. Ces objectifs ont été atteints avec un grand nombre d’enseignements que nous présentons cet été 2026 sur Toulouse lors du séminaire de « clôture », le mercredi 24 juin.

Cependant, nos fédérations, FNE Occitanie Pyrénées et Occitanie Méditerranée comptent bien prolonger leur suivi sur la qualité de l’air en région Occitanie.

Les études et travaux des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) comme Atmo Occitanie apportent déjà un contenu de fond conséquent et accessible notamment grâce aux plateformes comme ATMOVIZ ou PhytAtmo, ou les initiatives comme Poll’Occ (voir ces exemples plus bas dans cette lettre).

Les 2 fédérations occitanes de FNE mais aussi des autres associations (comme l’UPNET, l’AUTATE, …) apportent un complément essentiel au travail des AASQA et amplifient la diffusion de ces travaux. Elles permettent également une mobilisation de leurs réseaux de bénévoles soit pour accentuer la sensibilisation sur la qualité de l’air, soit pour initier des veilles et surveillances de sites sensibles (comme les carrières – voir exemple de Baixas).

Dans un futur proche, fort de l’expérience acquise depuis des mois au sein du réseau « Air Respirable », en plus des actions de sensibilisations déjà menées, nous pouvons envisager de nouveaux axes de travail en partenariat entre FNE Occitanie Méditerranée et Pyrénées comme :

  • Mettre en avant des polluants moins connus et encore « sous les radars » du grand public (particules ultra-fines, PFAS, …)
  • Créer un partenariat plus étroit avec Atmo Occitanie afin d’intégrer plus de mobilisations citoyennes comme cela est en déjà cours avec Plant’Net et les pollens allergisants
  • Proposer de nouvelles campagnes de mesures autour de lieux accueillant des populations sensibles à la pollution de l’air (Établissement Recevant du Public comme les écoles, les EHPAD, etc.)

Et bien sûr, continuer de diffuser cette lettre info.

Déjà hier, avec les plus de 40 000 décès prématurés liés à un air dégradé, et encore plus demain avec le réchauffement climatique qui s’accentue et qui favorise les épisodes de pollutions, FNE compte bien prolonger son engagement pour un air respirable.

Alexandre Boutin, de FNE Occitanie Pyrénées et membre du groupe de travail « air respirable » de FNE


Annonce du séminaire du 24 juin 2026

Le mercredi 24 juin, nous organisons le séminaire de restitution des actions menées lors du projet Air-Respirable, notamment autour de la campagne de mesures réalisées dans 3 villes d’Occitanie.

C’est plus d’une année de travail autour de la qualité de l’air qui sera exposée lors de cette journée.

Nous aurons aussi le plaisir d’assister à deux interventions de Atmo Occitanie : 

  • « Zoom sur l’exposition aux pollens en Occitanie : état des lieux, carte des prévisions et science participative » avec Camille Molles
  • « Qualité de l’air et exposition : comment les enjeux varient selon les milieux ? » par de Pierre-Yves Robic

L’après-midi sera consacré à des ateliers pratiques dont un avec le CPIE Terres Toulousaines dédié à la création de micro-capteurs, moins précis que ceux utilisés pour notre projet ou que les stations de mesures de Atmo, mais plus accessibles aux citoyen·ne·s.

Le programme détaillé de l’événement est à retrouver par ici, et le lien d’inscription (obligatoire) est suivre ci-dessous ⤵️


Journée « Mobilisons-nous pour un air respirable » sur Paris

Annonce du séminaire du 18 juin 2026

Une partie des membres du réseau Air Respirable en Occitanie est présente pour la journée dédiée à la qualité de l’air organisée par France Nature Environnement « national » avec les autres fédérations régionales mobilisées sur les projets de mesures de la qualité de l’air en 2025.

Les détails de cette journée sur Paris sont à retrouver par ici.


Positionnement de FNE sur la censure de la suppression des ZFE

Alors que la suppression des Zones à Faibles Émissions (ZFE) avait été votée par les députés le 14 avril dernier, le conseil constitutionnel a invalidé cette décision le 21 mai 2026.

Via Anne Lassman-Trapier (membre du réseau Air Respirable), France Nature Environnement « national » insiste que c’est une bonne nouvelle pour la santé des plus vulnérables (voir article de France Info).

Du côté FNE Occitanie Pyrénées, Régine Lange rappelle que les ZFE sont un outil parmi d’autres pour améliorer la qualité de l’air (voir article de France 3).

De nombreuses actions collectives et plusieurs politiques publiques sont possibles comme :

  • le déploiement massif des transports en commun,
  • le tissage de liaisons de « banlieue à banlieue »,
  • l’investissement sur le réseau ferroviaire,
  • le développement des « réseau express vélo »,
  • de manière générale, favoriser l’intermodalité des différents modes de transport pour les déplacements journaliers dits « pendulaires ».

Pollens : Les prévisions « Poll’Occ »

Comme détaillé dans la précédente lettre air, Atmo Occitanie propose des prévisions de la charge de pollens présents dans l’air.

Image de la newsletter "pollen" de Atmo Occitanie

Depuis ce printemps, le modèle de prévision de Atmo est renforcé ! Ce sont désormais 22 plantes allergisantes (contre 7 auparavant) qui participent aux modélisations.

Le modèle de Atmo est toujours alimenté par vos contributions via l’application Pl@ntNet, et permet donc à chacun & chacune de contribuer à la modélisation de « l’indice pollen ».

Pensez à vous inscrire à la newsletter quotidienne sur les prévisions pollens, elle permet de suivre quotidiennement les émissions polliniques des plantes référencées.


La plateforme PhytAtmo Dataviz

Image de la plateforme PhytAtmo

Ce printemps Atmo France a dévoilé une nouvelle plateforme présentant les pesticides présents dans l’air en France : PhytAtmo Dataviz.

L’outil présente plusieurs cartes interactives ainsi que des indicateurs des taux de pesticides dans l’air (données de 2022-2023 au démarrage de la plateforme suivi d’intégration plus récente chaque années).

Parmi les premiers enseignements liés à PhytAtmo, la Lindane – molécule utilisée comme insecticide et interdite depuis 20 ans – continue d’être détectés dans l’air.

La plateforme, nous permet donc de sensibiliser sur le fait qu’il y a une certaine inertie entre les mesures prises et les effets concrets sur l’environnement.

Une raison de plus de légiférer au plus tôt sur les substances que l’on sait toxiques et qui mettent des années à disparaître.


Fortes chaleurs et qualité de l’air

Le mois de mai 2026 a été marqué par une vague de chaleur exceptionnelle en Europe de l’Ouest pour printemps.

Image issue du site ©agroclimat2025.fr et du chercheur Serge Zaka montrant les 66 vagues de chaleur observée en France de 1900 à 2026 selon leur date de début dans l'année
Image issue du site ©agroclimat2025.fr et du chercheur Serge Zaka montrant les 66 vagues de chaleur observée en France de 1900 à 2026 selon leur date de début dans l’année

Si nous connaissons les effets délétères du réchauffement climatique directement sur les organismes (plantes comme animaux), les périodes de fortes chaleurs engendrent aussi de fortes concentrations en ozone dans l’atmosphère (détails dans la section « Le polluant de la lettre »).

Ce gaz – qui irrite les voies respiratoires – peut aussi aggraver l’asthme ou certaines maladies chroniques (en particulier chez les personnes les plus sensibles).

Rajoutons que les conditions météorologiques ont également été réunies pour favoriser la croissance de la végétation, notamment des graminées, plantes ayant déjà un fort pouvoir allergisant.

En effet, sous l’effet oxydation de l’ozone, les grains de pollens sont d’autant plus allergisants, les périodes de fortes chaleurs sont donc d’autant plus difficiles pour les populations les plus sensibles (voir lettre « Air Respirable » n°5).


Des progrès sur la qualité de l’air en Europe

L’Agence Européenne de l’Environnement (AEE) a publié un rapport indiquant que la situation s’améliore en Europe concernant la qualité de l’air.

Même si les objectifs à l’horizon 2030 de l’UE restent en dessous des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et si l’ozone (O₃) ou les PM₁₀ dépassent encore régulièrement les seuils réglementaires, nous pouvons nous réjouir de cette tendance à la diminution de certains polluants comme les particules fines ou le dioxyde d’azote dans l’air.

Pour en savoir plus, le rapport de l’AEE est en accès libre par ici.


La DREAL lance sa « Lettre de l’Air »

Depuis le 11 juin 2026, la DREAL Occitanie lance sa propre lettre de l’air. Elle permettra – entre autres – de suivre les évolutions réglementaires, de mettre en avant des témoignages d’acteurs ou encore une présentation des actions menées sur le territoire régional, et qui sait, peut être certaines de nos actions (voir le premier numéro).

En fonction des informations que vous recherchez, vous aurez donc une nouvelle source à disposition.


Normalement, vous connaissez « le trou dans la couche d’ozone » et comment il a été résorbé, mais en savez vous autant sur son « potentiel » en tant que polluant de l’air ?

L’ozone (O3) est un gaz naturellement présent dans l’atmosphère. On peut différencier ses effets en fonction de l’altitude à laquelle il se trouve :

  • Dans la stratosphère (entre 10 et 50 km au-dessus du sol), l’O3 protège les organismes vivants du rayonnement solaire (filtre les rayons ultraviolets du soleil). C’est la couche d’ozone, nécessaire à la vie sur terre !
  • À basse altitude / troposphère (sous les 10km), l’O3 est un polluant de l’air qui a des effets pouvant être très nocifs sur notre santé.
Image de AirParif © la formation de l'ozone de basse altitude

Quand les températures augmentent et que le rayonnement des ultra-violets est plus intense, une série de réactions chimiques engendre la formation d’ozone.

Ce sont les Composés Organiques Volatils (COV) et les oxydes d’azotes (NOx – voir lettre « Air Respirable n°4) qui sont les précurseurs de cet Ozone, on dit par ailleurs qu’il est un « polluant secondaire ».

Côté santé – à basse altitude donc – ce gaz provoque des irritations aux yeux et au cœur des voies respiratoires (inflammation des bronches). Cet ozone est également délétère pour tous les organismes vivants de par son fort pouvoir oxydant qui crée un « stress oxydatif » (phénomène biologique impliqué dans le vieillissement cellulaire).

Côté biodiversité, l’ozone :

  • Altère l’odorat des pollinisateurs
  • Diminue la capacité de photosynthèse des plantes
  • Réduit de la capacité de stockage du CO2 des arbres
  • Altère la surface des pollens les rendant plus irritants

Image tirée du rapport 2025 de Atmo Occitanie sur l'ozone

En 2025, dans son bilan sur la situation régionale sur la pollution en Ozone, Atmo Occitanie indiquait que si on pouvait noter une diminution des concentrations maximales d’O3, les pics de chaleurs estivaux faisait systématiquement dépasser les seuils réglementaires : L’Occitanie est donc une des régions françaises les plus impactées par cette pollution.

La surveillance des taux d’O3 représente un enjeu certains pour les prochaines années où les épisodes de canicules et de vagues de chaleurs sont plus susceptibles de se répéter et de se prolonger.


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Portrait de Lydie Nemausat

À chaque lettre air, nous vous proposons le portrait un·e bénévole impliqué·e dans le suivi des pollutions atmosphériques et militant pour une meilleure qualité de l’air.

Ce trimestre nous faisons un écart cette règle pour présenter une des salariés de FNE qui coordonne le réseau Air Respirable en Occitanie : Lydie Nemausat.


A quelle association appartenez-vous ?

Je suis la coordinatrice fédérale (salariée) de FNE Occitanie Méditerranée.

Je suis notamment en charge de l’animation de notre réseau thématique DESIR pour Déchets, Environnement, Santé, Industries et Risques.

Parmi les questions de santé-environnement que je porte au sein de ce réseau, la thématique de la qualité de l’air est prégnante. Ainsi, j’ai participé à l’organisation de campagnes de mesures citoyennes, de formation et de webinaires.

Je participe aussi ponctuellement à certaines instances telles que les comités de suivi ou d’élaboration des Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA). Et dernièrement, j’étais en charge du portage de ce beau projet Air respirable à l’échelle de l’Occitanie (d’abord avec Léonie puis avec Alexandre côté Occitanie Pyrénées).


Quel est votre parcours ?

J’ai un Master en Environnement et Risques Industriels que j’ai obtenu en 2009 à l’Université Claude Bernard (Lyon 1).

En 2010, j’ai rejoint le mouvement FNE où j’ai été l’animatrice du Réseau régional Environnement Santé Pollutions Industries et Risques (le RESPIR) de la FRAPNA (maintenant FNE AURA) pendant 8 ans.

Pendant cette période, j’ai été amenée à travailler sur les questions de qualité de l’air, notamment via le PPA de Lyon et l’élaboration du Plan Régional Santé Environnement (PRSE2).

J’ai également eu la chance de monter un module de formation sur la qualité de l’air avec Air Rhône-Alpes (maintenant ATMO AURA) et de m’initier à la mesure citoyenne de la qualité de l’air. En 2019, que j’ai rejoint FNE OCMED pour continuer à agir pour la préservation de la qualité de l’air dans ma région natale.


Quel est votre lien à la qualité de l’air et au climat ?

Renforcer la sensibilisation et la mobilisation des citoyen·ne·s sur la qualité de l’air et faire savoir au plus grand nombre que FNE peut-être là en soutien pour accompagner, former, outiller et défendre la qualité de l’air.

La victoire que nous avons obtenu à Baixas (Pyrénées Orientales) suite à une campagne de mesures qui a permis de faire cesser les émissions de poussières de la carrière voisine et donc de préserver la santé des riverains, est un très bel exemple de mobilisation réussi que nous espérons pouvoir reproduire.


Vos priorités pour l’air et le climat ?

Quand je me suis lancée dans ce projet, je n’avais pas idée du temps et de l’énergie que cela me prendrait !

Ceci-dit, ce travail de réalisation d’une campagne de mesure de la qualité de l’air en mode « professionnel » ainsi que les échanges avec les bénévoles occitan·e·s impliqué·e·s sur le projet ont été très enrichissants et formateurs.

J’ai hâte de vous retrouver toutes et tous à Toulouse le 24 juin pour faire le bilan de ces 2 années de projet « Air Respirable » et commencer à construire la suite.


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